Conférence du 1er décembre à l’ICES (Amour, mariage, famille: défis pour l’église du XXIe siècle)

11 décembre 2015 0 Par Paroisse Saint-Paul
Edifiante soirée que celle du 1er décembre 2015 à l ‘ICES, où un amphithéâtre de chanceux a pu assister à la conférence « Amour, mariage, famille : défis pour l’Eglise du XXIème siècle. »
Pour développer ce thème, le Père Christian Chérel nous a présenté le Père Cédric Burgun, prêtre de la Communauté de
l’Emmanuel, du Diocèse de Metz, Docteur en droit français et en droit canonique, et maître de conférence à l’Institut Catholique de Paris..!
En cet après-synode sur la famille, et en attendant l’exhortation du Pape François, le Père Burgun a mis en relief 3 types de défis à relever pour les familles: l’humilité, le Salut, et les défis politiques.

 

L’humilité. 
Nous avons tous à coeur de réussir notre vie familiale.  Mais peut-on réellement prétendre à une famille idéale ? quelle serait-elle ?
La famille est-elle réellement un lieu de réussite ?
Le père Burgun observe deux tendances opposées qui cohabitent toutefois en nos coeurs : d’une part le rêve d’un mariage heureux pour toujours, le mariage comme
LA voie du bonheur, de l’autre la désespérance dans l’amour, comme si l’on avait été convaincu de son obsolescence programmée.
Dans ce paradoxe, l’option choisie est souvent l’engagement relatif…
Notre conférencier nous encourage à ne pas se laisser influencer par ce qui nous entoure: oui, un amour durable est possible ! « Un mariage sur 2 en France tient dans la fidélité! » dit-il, optimiste.
Mais il faut accepter de s’engager dans le mariage, humblement, sans vouloir contrôler sa propre vie ni celle de l’autre… Le bonheur ne vient pas sur des critères
sociaux de réussite mais dans un amour sincère réciproque et dévoué. Le défi est d’accepter humblement de donner son existence et d’accueillir l’autre,
 pour que nos existences dépendent,par amour, de l’être aimé. Et s’il y a des douleurs au sein de nos familles, là Dieu veut mettre sa Paix. Prétendons-nous faire sans Lui ?

 

Le Salut.
Nous avons à accepter que notre famille soit sauvée. A l’image des noces de Cana, où Jésus change l’eau en vin. Père Burgun nous y montre un jeu de miroir avec le
6ème jour de la Genèse, jour de la création d’Adam et Eve. Lors de ce mariage, Jésus, à la demande sa mère, sauve la communion des époux, prenant l’eau des jarres de
purification (où les gens se seraient lavés les mains et les pieds) et la changeant en vin, signe de la présence de Dieu et, depuis Jésus, symbole du sang versé pour notre salut.
Ainsi nous sommes invités à nous présenter à Dieu avec nos salissures, nos blessures. Il s’agit d’accepter de confier les blessures du couple à la Miséricorde du Seigneur.
« Jésus-Christ donne à tout baptisé un chemin de sainteté ». Père Burgun nous donne 3 conseils évangéliques: la chasteté (qui s’oppose au désir égoïste)
, la pauvreté (qui s’oppose à la recherche de l’accroissement de son propre patrimoine ) et l’obéissance (capacité à être interpellé, à écouter avec attention),
pour contrer l’apparition ou guérir de ces lieux de « cristallisations des crispations conjugales » que sont la sexualité, l’argent et les enfants.
Les conseils évangéliques orientent non pas vers le renoncement et l’abnégation, mais bien vers un don total dans l’amour, et l’épanouissement de l’homme et de la femme.

 

Les défis politiques.
Il existe un combat spirituel et politique autour de la famille. Et ces questions revisitées depuis des années ne sont pas qu’une histoire de droits et devoirs d’individualités,
mais bien des enjeux de société. Dans la mesure où notre société perd progressivement certains repères de la loi naturelle, les arguments pour la sauvegarde d’un modèle familial
traditionnel deviennent souvent irrecevables pour de nombreux esprits de notre temps.
Cela dit, le Père Burgun conclut sur une touche d’espérance: les jeunes, malgré tout ce que l’on peut dire, voir ou penser, gardent au coeur le désir de dire « Je t’aime » et pour toujours.
De plus, n’oublions pas que l’Eglise nous accompagne sur cette question primordiale grâce, notamment, au synode sur la famille.
Je finirai en citant Mère Théresa : « Que pouvez-vous faire pour promouvoir la Paix dans le Monde ? Rentrez chez vous et aimez votre famille. »
Marine Deswarte