Edito du bulletin paroissial – Mars 2016

Père Frédéric LAURENTNous sommes au cœur du Carême. Entre lassitude et oubli, il nous faut retrouver le sens profond de ce temps de pénitence. Le mot est dit, pénitence. Que veut-il dire ? Il vient du latin pænitere et signifie « se repentir ». La pénitence propre au Carême est donc la conversion qui passe du cœur aux actes, moyennant l’ascèse – privation volontaire pour un motif spirituel.
Quel peut être le motif spirituel qui motive l’ascèse de la pénitence? Il me semble que ce peut être la volonté de consoler le Christ. En effet, tout au long de sa Passion il a souffert par amour pour nous. Flagellation, couronnement d’épine, portement de croix, crucifixion…
À notre tour, nous pouvons le consoler de ses souffrances comme Simon de Cyrène qui l’a aidé à porter sa Croix ou sainte Véronique qui a essuyé sa sainte Face. Ainsi nos pénitences, mortifications, privations offertes en union avec Lui, Lui sont une consolation dans l’épreuve.
Ainsi loin d’être une épreuve rébarbative, la pénitence peut devenir une véritable œuvre de miséricorde. C’est d’ailleurs ce que nous demande le Pape François dans son message de Carême. « Pour tous, le Carême de cette Année jubilaire est donc un temps favorable qui permet finalement de sortir de notre aliénation existentielle grâce à l’écoute de la Parole et aux œuvres de miséricorde. Si à travers les œuvres corporelles nous touchons la chair du Christ dans nos frères et nos sœurs qui ont besoin d’être nourris, vêtus, hébergés, visités, les œuvres spirituelles, quant à elles, – conseiller, enseigner, pardonner, avertir, prier – touchent plus directement notre condition de pécheurs. C’est pourquoi les œuvres corporelles et les œuvres spirituelles ne doivent jamais être séparées. En effet, c’est justement en touchant la chair de Jésus Crucifié dans le plus nécessiteux que le pécheur peut recevoir en don la conscience de ne se savoir lui-même rien d’autre qu’un pauvre mendiant. Grâce à cette voie, « les hommes au cœur superbe », « les puissants » et « les riches », dont parle le Magnificat ont la possibilité de reconnaître qu’ils sont, eux aussi, aimés de façon imméritée par le Christ Crucifié, mort et ressuscité également pour eux. Cet amour constitue la seule réponse à cette soif de bonheur et d’amour infinis que l’homme croit à tort pouvoir combler au moyen des idoles du savoir, du pouvoir et de l’avoir. »
Oui, faisons de ce Carême, de ce temps de pénitence, un temps de miséricorde. Consolons le Christ par nos pénitences et entrons dans la logique d’amour de la Passion.
Père Frédéric LAURENT osv