Édito octobre 2018

Depuis des semaines, les affaires de mœurs concernant le clergé défrayent la chronique. Comment ne pas être désemparé devant ces scandales ? Face à l’ampleur du mal, le Pape François a écrit une « Lettre au Peuple de Dieu », le 20 août dernier. Et les évêques de France ont publié un message au « Peuple de Dieu qui est en France », le 12 septembre. Je voudrais tirer de ces deux documents des motifs de compassion et d’espérance.
Le message des évêques de France, après une introduction, commence par dire ceci : « Dans ce désarroi partagé, nous affirmons à la fois que notre lutte contre tout abus doit se poursuivre sans relâche et que notre estime et notre affection pour les prêtres de notre Église restent entières. Nous, évêques, voulons redire notre soutien aux prêtres de nos diocèses et appeler tous les fidèles à leur manifester leur confiance. » Oui, il ne faut pas oublier que l’immense majorité des prêtres est fidèle à son sacerdoce. Donc confiance.
Mais que faire contre ces péchés d’une laideur insoutenable ? Dénoncer ce qui doit l’être. Assurément. Mais c’est insuffisant. Car il est nécessaire de créer un climat, une culture, dit le Pape François, qui empêche que de tels actes soient commis. Voici ce que dit le Pape : « Considérant l’avenir, rien ne doit être négligé pour promouvoir une culture capable non seulement de faire en sorte que de telles situations ne se reproduisent pas mais encore que celles-ci ne puissent trouver de terrains propices pour être dissimulées et perpétuées. »
Quelle est cette culture ? C’est celle de la sainteté. Si chaque membre du Peuple de Dieu recherche humblement la sainteté, le péché se raréfiera. En particulier celui qui nous afflige aujourd’hui. Car la sainteté c’est la lumière dans les ténèbres. Elle les chasse. La sainteté c’est l’amitié avec Dieu. C’est une amitié transformante. Elle fait que, par la grâce, nous devenons capable d’aimer comme Dieu est Amour.
Alors faisons tout notre possible pour devenir des saints. Soignons notre vie de prière et notre vie sacramentelle. En ce mois du rosaire, prions la Vierge Marie. Nous le savons, elle est notre mère. Et comme telle, elle sait comment nous éduquer pour ressembler à son Fils. Faisons-Lui confiance. De plus, nous pouvons offrir nos communions en réparation pour ces péchés. Car, si ces crimes blessent irrémédiablement les victimes, ils ont blessé le Christ Jésus sur la Croix.
À la suite de toutes ces affaires, que le péché n’ait pas le dernier mot mais l’amour. L’amour de Dieu et du prochain. Ainsi se manifestera la compassion.
Père Frédéric LAURENT osv

NB : Pour info, le diocèse prépare des propositions (conférences, journée d’information et de prévention, journée de jeûne et prière, …) sur le sujet de la pédophilie. Ces propositions vous seront communiquées

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