Édito NOVEMBRE 2018

Le plus beau des cadeaux
            Chères paroissiennes et chers paroissiens,
            Ce mois de novembre commence par deux célébrations liturgiques qui nous font passer de la vie à la mort et de la mort à la vie. La Toussaint, d’abord, nous rappelle avec force que notre patrie est au ciel. Ceux que nous vénérons, saints connus et inconnus, nous ont précédés ici-bas, avec les mêmes questions, les mêmes combats, les mêmes joies et ils ont triomphé dans le Christ. En fait, c’est le Christ que nous vénérons en eux, chacun étant pour sa part un reflet de la sainteté absolue du  »plus beau des enfants des hommes ». Seule la Vierge Marie peut prétendre à une sainteté universelle, celle de toutes les vertus de son Fils, puisque Elle ne vit que de Lui, que par Lui, qu’avec Lui et qu’en Lui. C’est une magnifique fête de la Vie car « la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant ; et la vie de l’homme, c’est de voir Dieu » (Saint Irénée de Lyon). Nous repensons peut-être à des aïeux, des figures marquantes de nos familles, qui ont mené une belle et simple vie sur terre, exemples cachés de sainteté de l’ordinaire. Il n’en a pas été ainsi pour tous.
            Le lendemain, en effet, l’Église nous invite à prier pour nos chers défunts et à intercéder pour eux afin que soient purifiés les restes du péché qui les retiennent d’entrer dans la vision de la lumière divine. Pour cela, depuis fort longtemps, notre Mère l’Église propose aux prêtres de célébrer, ce 2 novembre, trois Messes pour les morts.[1] Elle sait que la Messe est le moyen le plus puissant et le plus efficace d’intercession pour eux. C’est une action de vie que nous menons pour les morts, en recourant au sacrifice du Sauveur qui se perpétue dans la Sainte Messe. Comment donc ?
            En mourant sur la Croix, Jésus, Dieu fait homme et Fils de Dieu, s’offre à son Père pour le salut de toute l’humanité. Dès lors, une fois son sacrifice achevé, toutes les grâces de salut sont acquises définitivement. La Croix est comme une source profonde inépuisable où nous pouvons recueillir sans cesse la miséricorde de Dieu qui restaure tous les hommes et chacun d’entre eux, à travers tous les âges de l’humanité. Tout est acquis, mais tout demande à se répandre. Et Jésus a  »inventé » ce moyen génial de la Messe qui nous transporte à chaque fois au pied de la Croix avec Marie et Jean pour que nous puisions à la source l’Amour de Dieu qui nous régénère. Chaque Messe est célébrée pour le monde entier, comme intention générale. En plus, chaque Messe peut être célébrée, appliquée, pour une intention particulière au profit des vivants ou des morts, pour que la grâce du sacrifice de Jésus vienne toucher personnellement tel ou telle de la tendresse du Rédempteur, pour faire monter une action de grâce vers le Père ou pour guérir et sanctifier ce qui peut encore l’être.
            Concrètement, faire célébrer une Messe est le plus beau cadeau que vous puissiez offrir à vos proches, vivants ou défunts, ou la plus belle manière de porter une intention qui vous est chère. Combien de gerbes de fleurs, qui sont certes l’expression de l’affection, lors des sépultures, alors que le défunt ne bénéficiera pas d’une seule Messe ! Les fleurs sont visibles mais fanées après quelques jours. L’intention de Messe offerte procède de la foi en la miséricorde ; elle reste discrète mais porte un fruit de vie éternelle. Quelle charité plus grande ? Double à vrai dire, pour le ciel et c’est le plus important, pour la terre car vous contribuez à soutenir l’Église en aidant vos prêtres.
            Soyons clairs ! La Messe n’a pas de prix, sinon celui du Sang versé de Jésus-Christ, le prix infini de son Amour livré. On ne paie pas une Messe. L’offrande est proposée, mais libre ; elle est l’expression concrète, matérielle, de votre engagement dans la prière et rémunère en même temps le service du prêtre qui célèbre. Le prêtre ne peut recevoir qu’une seule offrande par jour. Par exemple, toutes les intentions données le dimanche sont réparties et célébrées ensuite, chacune, dès que possible, lors d’une Messe, par un des prêtres de la paroisse. Et si chaque foyer de la paroisse offrait tous les mois, ou même tous les deux mois, une intention ? Merci à tous ceux qui y pensent déjà. Si cela ne vous pas été transmis par culture familiale, prenez cette bonne habitude.
            Alors, quand il s’agit de choses spirituelles profondes, pour plagier une ancienne publicité des fleuristes – pour qui j’ai la plus grande estime d’ailleurs -, ne le dites plus avec des fleurs, mais dites-le avec des Messes ! C’est le plus beau des cadeaux. Il a un coût, mais il n’a pas de prix pour ceux que vous aimez !
abbé Philippe-Marie Airaud
[1]      Seul jour de l’année avec Noël.

 

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