ÉDITO JUILLET 2019

ÉDITO JUILLET 2019

2 juillet 2019 Non Par Paroisse Saint-Paul

En cette fin de mois de juin, c’est mon enthousiasme pour ce que je vis avec mes frères et sœurs Pèlerins de l’Eau Vive que je veux essayer de vous faire partager.

J’accompagne des malades de l’alcool depuis près de trente trois ans. Rapidement, j’ai éprouvé le besoin de porter dans la prière les malades, que j’aimais certes,  mais dont j’avais du mal à assumer, spirituellement et psychologiquement seul la charge. C’est ainsi que je suis rentré au Pèlerins de l’Eau Vive, avec le désir de prier avec et pour les personnes malades de l’alcool que je voyais tous les jours.

Puis j’ai fait le choix de m’engager comme « ânon serviteur du Seigneur », au service de la mission catholique des Pèlerins de l’Eau Vive, des malades de l’alcool et de leur famille. Du coup, je faisais le choix de devenir abstinent.

Les pélerins de l’Eau Vive ont été crées en 1979 par Marion CAHOUR , médecin.

Etre abstinent, c’est partager la souffrance de nos frères et sœurs dépendants de l’alcool. C’est d’une certaine manière éprouver le manque dont ils souffrent. C’est pour moi le désir de vivre profondément la fraternité qui nous unit. Il n’y a plus d’un côté quelqu’un qui prétendrait bien se porter et d‘un autre des personnes malades, il n’y a plus que des frères et des sœurs partageant une même souffrance. Nous qui faisons le choix de l’abstinence,  Jésus nous rend participants à la rédemption des malades qui souffrent de la maladie alcoolique, comme Marie au pied de la croix l’est du monde entier.

Pèlerins de l’Eau Vive, nous essayons de vivre avec humilité une grande fraternité. Nous nous aidons réciproquement à reprendre confiance et retrouver la dignité qui avait été perdue. Nous essayons de vivre cette vertu qu’est la compassion. Nous vivons régulièrement cette formidable expérience de la réconciliation.

Les malades de l’alcool eux-mêmes nous disent quelque chose de la simplicité aimante de Dieu. Nos frères et sœurs dépendants font eux-mêmes une démarche de conversion et, d’une certaine manière, nous invitent à les suivre sur ce chemin de changement. Ils sont les témoins vivants et contagieux que le Seigneur nous libère de nos peurs, de nos tristesses, de nos maladies. Jésus ne nous oublie jamais, il continue à nous aimer, même quand nous sommes défigurés par la maladie, quand nous avons l’impression que tout nous quitte. Par son amour, il nous éveille à une nouvelle vie.

 

Nous sommes partis à Lourdes fin juin, près de trois cents pèlerins de l’Eau Vive, malades de l’alcool, pour y fêter quarante ans de grâces reçues. Nous nous sommes émerveillés une nouvelle fois des bienfaits de la miséricorde de Jésus.

Nous avons pu une nouvelle fois prendre conscience de nos fragilités et de nos pauvretés. Pauvres, nous prions Jésus,  nous le trouvons et nous approchons de la guérison. Nous découvrons enfin sa tendresse infinie. Il est Celui qui nous sauve.

« Jésus Sauveur, guéris-nous de l’alcool, Merci. » avons-nous prié de nombreuses fois.

Nous n’avons pu que rendre grâces pour tout ce que nous avons reçu, pour les chaines que nous avons laissé tomber à Lourdes, pour les nombreux échanges, pour tous ces moments vécus de fraternité. Les pancartes que nous portons sont comme la présence sur notre cœur de nos frères et sœurs malades de l’alcool pour lesquels nous prions, beaux témoins de la miséricorde de Dieu.

L’eau que le Seigneur nous donne devient une source  d’eau jaillissant pour la vie éternelle.

Les pélerins de l’Eau Vive incarnent une église vivante, joyeuse, fraternelle, attentive à ceux qui sont au bord du chemein. Ils sont pour nous un exemple de ce que veut Jésus : l’amour et l’attention aux plus pauvres.

Le Seigneur nous envoie maintenant en mission au service des plus pauvres et de tous ceux qui sont malades de l’alcool. Le temps est essentiel pour parvenir à la guérison.  Nous devons aussi être attentifs aux familles et aux conjoints de ceux qui souffrent de cette dépendance.

Nous essayons d’être présents dans notre paroisse. Nous nous réunissons, prions et mangeons ensemble chaque mois à la maison du diocèse. Une grande amitié règne entre nous. Bien sûr chacun est invité à nos rencontres, quel qu’il soit. Nous récitons aussi le chapelet deux mardis par mois.

Nous participons aux « Prières pour ceux qui souffrent. »

Plus prosaïquement, nous préparons régulièrement les pots de la paroisse à la fin de la messe. Les paroissiens ont accepté qu’ils soient sans alcool, découvrant pour certains qu’ils pouvaient être très agréables.

Il existe une statue de la Vierge Marie à l’entrée de l’Eglise, avec notre pancarte : « Jésus Sauveur guéris-nous de l’alcool. Merci !