Éditorial décembre 2019 : y’a d’la joie !

Éditorial décembre 2019 : y’a d’la joie !

27 novembre 2019 Non Par Paroisse Saint-Paul

Chères paroissiennes et chers paroissiens,

Vous connaissez tous, au moins les plus anciens, la célèbre chanson de Charles Trénet : Y’a d’la joie ! Les paroles, savourant les joies simples de la vie, ont su toucher les cœurs des gens et ce fut un succès immédiat qui fit connaître son auteur. Entre le vol des hirondelles et le soleil qui brille, du boulanger pétrissant son pain au facteur dans sa tournée,  »partout y’a d’la joie », car  »c’est l’amour qui vient avec je ne sais quoi ». On se souvient moins que la chute est plus triste puisqu’il ne s’agit finalement que d’un rêve :

                        Mais soudain voilà je m’éveille dans mon lit
Donc j’avais rêvé, oui, car le ciel est gris
Il faut se lever, se laver, se vêtir
Et ne plus chanter si l’on n’a plus rien à dir’.

Et pourtant l’auteur célébrait une période d’insouciance quand, après le front populaire de 1936 – date de la composition – les français obtenaient les congés payés et goûtaient, au moins pour la grande majorité, leurs premiers moments de loisir.

Aujourd’hui, malgré des conditions de vie toujours plus faciles, en regard de celles de nos grands-parents, nous peinons parfois à trouver la joie dans notre société. Qu’il suffise de se promener à Paris dans le métro pour contempler le défilé incessant de ces visages fermés, souvent tendus, pressés par on ne sait quelle urgence empêchant de s’arrêter sur les petites choses simples du quotidien. Nous sommes un peuple de gens sérieux, comme le businessman de la planète visitée par le Petit Prince. Et puis, nous croyons être les maîtres du monde avec nos armes formidables, notre main-mise sur les destinées de l’homme par les manipulations génétiques, notre soif inextinguible de plaisirs alimentée par les puissances de l’argent.

Le grand poète québecois Felix Leclerc chantait aussi son petit bonheur « qu’il avait ramassé, il était tout en pleurs sur le bord d’un fossé ». Comme ce serait magnifique si ce temps de l’Avent nous permettait de ramasser les petits bonheurs simples de la vie de famille, de la vie fraternelle, des petits événements du quotidien. Le plaisir de notre société est un compagnon volage qui a tôt fait de nous laisser tomber quand surviennent les difficultés. Le bonheur est fidèle car il se trouve dans les beaux engagements, les amitiés profondes et ne se laisse pas impressionner par les épreuves.

La liturgie de ce beau temps de l’Avent nous conduit de la perspective un peu effrayante du retour du Seigneur en gloire vers la douceur de Noël. L’événement qui chamboule l’histoire de l’humanité tient en quelques mots d’une modestie confondante, à l’image de la Vierge Marie qui en est la protagoniste : « elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire » (Lc 2, 7). C’est ce témoignage que nous devons porter à notre monde plein de tristesse, celui d’un Dieu qui nous rejoint dans ce qui fait notre vie familière d’hommes pour nous donner une direction, un sens, une espérance, qui habitent les pensées et les gestes les plus coutumiers de nos existences.

Car au fond, toute vraie joie ne peut provenir que de Jésus, Enfant-Dieu de la crèche, puisque en Lui, nos humbles joies terrestres préparent la joie sans mesure qui nous attend dans l’éternité bienheureuse ! Y’a d’la joie, car c’est l’Amour qui vient avec on sait Qui !

BELLE et SAINTE FÊTE de NOËL à vous tous !

abbé Philippe-Marie