Edito Eté 2021

21 juin 2021 Non Par Hélène CHAUVET

Éditorial du mois de juillet 2021

Ça déménage !

Quand arrive l’été, c’est l’heure de la transhumance. D’aucuns de nos paroissiens s’en vont sous d’autres cieux : nous leur souhaitons bon vent de l’Esprit et les remercions pour ces années partagées avec notre communauté. Et puis nous entendons parler d’autres qui arrivent : nous leur souhaitons une chaleureuse bienvenue et tâcherons de leur rendre l’arrivée parmi nous agréable, sûrs également qu’ils pourront enrichir notre communauté.

Ceci dit, c’est quand même toute la paroisse qui est en déménagement, non seulement à sainte Bernadette, aimablement prêtée par nos frères voisins, mais aussi pour les horaires perturbés. Ils le sont doublement en raison des lieux divers et des changements incessants des normes sanitaires qui nous obligent à une constante adaptation. Monsieur le Curé s’arrache les cheveux mais il veille sur ceux de ses chers paroissiens qui sont tous comptés (Mt 10, 30 ; Lc 12, 7) !

Le déménagement est aussi sociétal, tant cette crise sanitaire risque de faire bouger les lignes, révèle les fragilités de notre société de consommation, ramène la grande peur de la mort qui sera le déménagement définitif pour chacun d’entre nous. La liberté chérie, pourtant une des grandes motivations de la révolution française, pourrait bien aussi déménager pour toujours si on la sacrifiait sur l’autel du bien-être, d’un bonheur à courte vue composé des menus avantages procurés par notre société consumériste.

La transhumance pourrait se muter en transhumanisme à l’heure des lois bioéthiques, ni bio ni éthiques : celui d’un homme qui aurait déménagé en laissant derrière lui son Créateur et la sagesse de son dessein, pour une nouvelle identité sans Dieu ni maître, en une illusoire conquête d’immortalité mais une bien réelle et destructrice immoralité. Les déménagements ne sont assurément pas tous souhaitables et il nous appartient, à nous chrétiens, de ne pas surfer sans discernement sur la vague de la modernité.

En attendant, profitez tous de ce temps de repos, où semble se desserrer l’étau sanitaire, pour vous ménager un bon bol d’air, sans oublier le Déménageur céleste qui aspire sans cesse à s’installer dans vos cœurs. Espérons qu’en retrouvant notre magnifique église Saint Louis à la rentrée, nous pourrons vivre une année pleinement déconfinée. Ce sera l’occasion de refonder un peu plus une belle expérience paroissiale et communautaire, avec un projet missionnaire… qui déménage !

Bel été avec la Vierge Marie en ses sanctuaires et saint Joseph comme guide !

abbé Philippe-Marie Airaud