Edito Juin 2022

1 juin 2022 Non Par Communication 1

Unité, mais pas uniformité

 

La fête de la Pentecôte nous rappelle le moment de fondation de l’Église. L’Esprit-Saint en est comme l’âme sans laquelle elle ne serait qu’un corps inerte, une institution humaine semblable aux autres, un club des croyants replié sur lui-même. L’Esprit-Saint nous constitue catholiques, avec un cœur universel qui embrasse la totalité de la foi et l’immensité des peuples et cultures à travers le temps qui s’écoule.

Dernièrement, des occasions nous ont été données de pouvoir participer à la liturgie de nos frères catholiques orientaux : à Luçon en rite arménien puis en rite maronite, à Saint-Louis en rite byzantin avec les Ukrainiens. En un sens, cela révèle tristement la réalité de la diaspora contrainte et la migration de nos frères orientaux qui fuient leurs pays pour diverses raisons. En un autre sens, c’est une grâce pour nous tous de nous ouvrir à d’autres expressions liturgiques, culturelles et spirituelles de la foi que nous partageons pleinement avec tous ces frères. Ainsi, nous découvrons plus concrètement que l’unité n’est pas l’uniformité.

Ceci dit, nous le vivons déjà dans notre paroisse avec la Messe en latin du Missel de 1962. C’est une vraie grâce de pouvoir vivre une communion de foi et de charité que nous exprimerons tous ensemble, par exemple, le jour de la Fête-Dieu autour de Notre Seigneur présent dans le Très Saint-Sacrement. Et puis notre paroisse va s’élargir bientôt, nous obligeant à redimensionner notre vie paroissiale avec les chrétiens de La Chaize-le-Vicomte et de Saint-Florent-des-Bois. L’extension géographique met cruellement en évidence la raréfaction des forces vives de notre Église. Elle est un appel à une plus grande ferveur et une plus grande communion.

Celle-ci ne peut se vivre que dans l’exigence des vertus théologales. Elle suppose donc de professer la foi entièrement, selon que le disait saint Jean-Paul II : « L’unité voulue par Dieu ne peut se réaliser que dans l’adhésion commune à la totalité du contenu révélé de la foi. En matière de foi, le compromis est en contradiction avec Dieu qui est Vérité » (Ut unum sint, 18). Elle nous invite à une même espérance, grand défi de ce temps, et témoignage nécessaire que l’homme ne trouve pas sa fin en lui-même mais en Dieu-Trinité. Et enfin, la communion est le fruit de la charité qui est pour nous tous le juge de paix d’une vie vraiment évangélique.

Demandons au Sacré-Cœur de Jésus, que nous célébrerons bientôt, de nous embraser de son Amour pour son Père et pour notre prochain. Et que la Vierge Marie nous guide sur les chemins de sainteté qui manifesteront au monde la puissance de l’Esprit-Saint, venu transformer notre terre ! « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13, 35).

Abbé Philippe-Marie Airaud

Prêtre coopérateur de la Paroisse Saint Paul