Edito mai 2020

2 mai 2020 Non Par Paroisse Saint-Paul

Nous voici donc déjà au mois de mai. Nous vivons le confinement depuis le 17 mars 2020, au début du printemps. Le temps de carême comme les fêtes de Pâques ont été profondément marqués par cette nouvelle façon de vivre.

Nous vivons ce temps de Pâques, demeurant pourtant profondément joyeux,  dans l’ascèse. Nous avons célébré, chacun et chacune à notre manière la résurrection de Jésus. Jésus est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Il ne nous a pas été possible de célébrer cette année de baptême durant la vigile pascale, ni durant ce temps pascal. Les célébrations de funérailles ont pu se vivre dans notre diocèse, mais de manière la plus sobre, avec un nombre restreint de participants. Mais nous savions pourtant que Jésus était là bien vivant.

Nous nous redécouvrons vulnérables et dépendants, à la merci de ce fichu virus. Avec nos fragilités multiples et variées, nous nous confions au Seigneur et retrouvons dans la paume de sa main. Dans l’humilité de la patience, nous revivons avec plaisir les vertus de la lenteur.

Essayons de vivre le temps de confinement qui nous reste dans la paix et l’espérance. Que nous ayons le désir et le courage d’aller au fond de ce que nous sommes, de continuer à chercher le Seigneur pour le trouver au fond de nous-mêmes.

Le printemps était bien là cette année : que de soleil après de nombreux mois humides ! Nous avons pu admirer la renaissance de la nature, cette nature que nous oublions tellement en temps ordinaire et que nous abimons trop souvent. La crise du coronavirus que nous vivons avec angoisse nous rappelle que nous vivons sur une terre qui nous a été confiée, mais que le Seigneur nous demande de respecter ; nous avons tellement besoin d’elle. Nous avons senti la nature revivre, plus sans doute que d’autres années sans la pollution que nous créons avec nos voitures et nos avions.

 

Quand nous sommes proches du Seigneur, nous nous retrouvons en lien avec chacun de nos frères et de nos sœurs. La solitude que nous vivons nous fait ressentir plus que jamais à quel point nous avons besoin les uns des autres et qu’il nous est impossible de vivre sans une vie fraternelle tissée jour après jour.  Rendons grâces pour tous les appels téléphoniques, pour les SMS, les mails, pour tous les gestes reçus ou donnés d’une manière ou d’une autre, qui nous font prendre conscience à quel point nous ne pouvons pas nous contenter de notre petit confort solitaire. Les souffrances de la solitude ou de la maladie demeurent et nous engagent à être attentifs aux plus fargiles de nos frères et sœurs.

Nous avons du stopper les repas solidaires organisés dans la paroisse avec la conférence Saint Vincent de Paul. Ces repas ont peut être comme principal avantage de créer du lien, et nous les reprendrons dès que cela sera possible. Pour l’heure, nous proposons  aux chrétiens de la paroisse de participer à la confection de colis qui pourront être distribués. Nous en reparlerons.

 

Certes, nous avons pu utiliser les moyens de communication modernes mis à notre service, certes nous savons que nous nous aimons les uns et les autres, frères et sœurs de Jésus-Christ, mais nous avons besoin de nous retrouver autour de la table eucharistique pour célébrer rassemblés notre Dieu. Jésus lui-même, au lendemain de la résurrection n’a-t’il pas mangé avec ses disciples du poisson grillé comme nous le dit Saint Jean dans son chapitre 21, n’a-t-il pas été reconnu par les pèlerins d’Emmaüs à la fraction du pain  comme nous le dit Saint Luc dans son chapitre 24?

Nous prions chez nous, peut-être pouvons-nous nous rendre plus souvent dans nos églises. N’oublions pas que nous commençons le mois de Marie.  Nous n’avons pas tous su que notre pape François durant le mois d’avril a prié pour les personnes souffrant d’addictions. Portons les spécialement dans nos prières avec nos frères et sœurs Pèlerins de l’Eau Vive.

Il reste important de respecter les mesures prises par le gouvernement. Sauf revirement de dernière minute, nous ne pourrons pas vivre la fête de Pentecôte rassemblés, comme nous l’aurions souhaité. Mais ayons le sens de nos responsabilités en respectant le port du masque, les distances de sécurité ; c’est sans doute à cette condition que nous pourrons revivre, peut-être plus rapidement, nos célébrations eucharistiques.

 

Ayant supporté tout cela, dans la joie de Pâques, avec l’aide de Marie, notre mère,  recevons l’Esprit que le Seigneur nous donne, en communion avec notre Père du ciel, et attendons de pouvoir enfin nous retrouver tous ensemble pour fêter notre Dieu.

 

François Pépin, Diacre