Edito Mars 2022

5 mars 2022 Non Par Communication 1

Avec Dieu, cultive ton âme, cultive ta vie, cultive ta mission dans l’Église

 

Dans son message pour ce carême notre Saint Père François nous invite à cultiver notre vie chrétienne avec « Dieu qui est le premier agriculteur lui-même » (cf. Pape François).

Ce temps de carême qui s’offre à nous est une grâce de Dieu pour toute l’Église et chacun de nous en particulier. Ce qui se vit dans le carême c’est un peu ce qui se vit dans notre vie ; « l’existence terrestre (…) le Carême en est de quelque manière une image » (cf. Pape François). Ainsi nous pourrions dire pendant ce carême ; avec Dieu, cultivons notre âme, cultivons notre vie quotidienne, cultivons notre mission dans l’Église.

Saint John Henry Newman déclarait : « Dieu m’a créé pour lui rendre un service bien défini ; il m’a confié une tâche précise, qu’il n’a confié à aucun autre. J’ai ma mission et si elle demeure cachée en cette vie, elle me sera révélée dans l’autre. D’une certaine façon, je suis nécessaire à la réalisation de ses desseins, aussi nécessaire à ma place qu’un archange à la sienne. Si je lui fais défaut, il peut bien sûr susciter quelqu’un d’autre, Comme avec des pierres il aurait pu faire des fils d’Abraham. Cependant j’ai part à sa grande œuvre ; je suis le maillon d’une chaîne, Un nœud de relations entre des personnes. Il ne m’a pas créé pour rien. Je ferai du bien, je ferai son œuvre, Je serai à la place que j’occupe un ange de paix Et un témoin de la vérité sans même chercher à l’être, pourvu que je garde ses commandements ».

Mon baptême est une mission reçue de la Trinité. Au terme de ce carême, à la veillée pascale, chacun de nous sera prêt à renouveler les promesses de son baptême, les promesses de cette mission pour maintenant et pour la vie éternelle.  Aussi, dès à présent, vivre les trois conseils traditionnels du carême ; de la prière ; du jeûne ; et de l’aumône, va nous permettre de faire croitre notre vie baptismale et cette mission que Dieu veut pour chacun de nous. Car « le jeûne prépare le terrain, la prière l’irrigue, la charité le féconde » (cf. Pape François).

Nous sommes invités à la générosité dans notre chemin de conversion, car « à semer trop peu, on récolte trop peu ; à semer largement, on récolte largement » (2Co 9, 6). Nous devons être généreux car Dieu veut que nous portions beaucoup de fruit par notre vie (Jn 15,16) pour sa plus grande gloire ; ad majorem Dei gloriam comme le disait saint Ignace.Celui-ci affirmait que « l’homme a été créé pour cette fin : louer le Seigneur son Dieu, le respecter et, en le servant, être finalement sauvé. Et tout ce qui se trouve d’autre sur terre a été créé à cause de l’homme lui-même pour l’aider à poursuivre la fin de sa création. Il s’ensuit donc qu’il doit en user ou s’en abstenir à proportion de ce que cela favorise ou gêne la poursuite de sa fin. Aussi devons-nous nous comporter sans faire de différence entre toutes les choses créées (pour autant qu’elles sont soumises à la liberté de notre choix et non défendues), en sorte que, pour ce qui est de nous, nous ne cherchions pas la santé plus que la maladie, ni ne préférions les richesses à la pauvreté, l’honneur au mépris, une vie longue à une vie brève. Mais, de toutes ces choses, il convient de choisir et de désirer celles-là seulement qui conduisent à la fin » .

Cette purification du carême, qui est un appel à mieux aimer et servir Dieu et son prochain, correspond à notre recherche de la volonté de Dieu sur nous, à la discerner, et avec sa grâce à l’accomplir de tout notre cœur. Comme le notait encore saint Ignace avec finesse, il y a « trois sortes d’hommes », trois sortes de chrétiens pourrait-on dire. « L’homme du premier type souhaite certes se dépouiller de l’attrait pour le bien acquis afin de pouvoir se réconcilier avec Dieu. Mais, durant tout le temps de sa vie, il ne met pas en œuvre les moyens requis – L’homme du deuxième type désire de même supprimer l’attachement mal ordonné , mais tout en retenant obstinément à ce bien ; et il désire attirer Dieu à son souhait propre plutôt que de tendre à lui par une façon de vivre plus convenable, en abandonnant ce qui fait obstacle – L’homme du troisième type, enfin, voulant écarter l’attrait trouble, est prêt aussi bien à supprimer qu’à conserver l’objet lui-même, selon ce qu’il aura remarqué devoir être plus adapté au culte divin (…) »  Puissions-nous être de cette troisième catégorie de chrétiens ! Puissions-nous vivre les détachements nécessaires ainsi que les bons attachements salutaires ! Puissions-nous être ces cultivateurs du Seigneur ! Cultivons notre âme, cultivons notre vie quotidienne, cultivons notre mission dans l’Église !

Abbé Jean-Marie PARRAT