Édito pour le carême 2020

1 février 2020 Non Par Paroisse Saint-Paul

En cette fin du mois de février nous allons entrer en carême. Pourquoi ? Pour renaître.

Un homme peut-il naître de nouveau ? Peut-il entrer dans le ventre de sa mère une seconde fois pour naître à nouveau ? demanda Nicodème à Jésus ? Oui, s’il vit de l’Esprit Saint lui répond le Christ.

Nous naissons à la vie terrestre par nos parents, et par le Christ nous naissons à la vie divine.  Baptême. Le carême est un moment pour approfondir cette vie surnaturelle, et son couronnement est la veillée pascale où nous replongeons complètement dans cette vie baptismale.

Mais vivons-nous vraiment dès maintenant de cette vie ? Qu’avons-nous vraiment à faire ici-bas ? Nous nous plions sans cesse sous les exigences de ce monde. Et quand nous regardons en arrière, nous voyons bien souvent une succession de journées bien remplies mais parfois insignifiantes… Nous sommes parfois comme des marcheurs qui marchent très occupés, mais sans savoir où ils vont. Or, nous sommes invités à vivre selon l’Esprit de Dieu et le lieu où nous devons aller c’est le Ciel. Il nous faut nous rappeler pourquoi nous existons.

Saint Ignace fut un homme qui reçut la grâce de renaître à la vie divine, en se convertissant radicalement pour passer de l’esprit mondain à la vie de pèlerin. Il nous redit ce qui est fondamental ; vivre selon ce premier principe : « l’homme a été créé pour cette fin : louer le Seigneur Dieu, le respecter et, en le servant, être finalement sauvé. Et tout ce qui se trouve d’autre sur terre a été créé à cause de l’homme lui-même pour l’aider à poursuivre la fin de sa création. Il s’ensuit donc qu’il doit user ou s’en abstenir à proportion de ce que cela favorise ou gêne la poursuite de sa fin. Aussi devons-nous nous comporter sans faire de différence entre toutes les choses créées (…), en sorte que, pour ce qui est de nous, nous ne cherchions pas la santé plus que la maladie ni ne préférions les richesses à la pauvreté, l’honneur au mépris, une vie longue à une vie brève. Mais, de toutes choses, il convient de choisir et de désirer celles-ci seulement qui conduisent à la fin.

Pendant ce carême, Dieu nous promet la vie en abondance. Qu’est-ce que c’est ? Une vie dense et hyper active selon le monde ? Non. C’est une vie au service et unie au Christ. Cela est pour nous dans la mesure où nous accueillons la sainte volonté de Dieu dans notre vie quotidienne. Pour cela, saint Ignace nous invite à l’indifférence. Elle consiste à ne rien préférer, ni la richesse à la pauvreté, ni la santé à la maladie, etc. mais seulement, en tout ce qui nous est donné de vivre, ce qui nous convient à notre mission : s’approcher de Dieu, le servir, l’aimer, et le faire aimer. Ne souhaitons pas d’abord que des bonnes choses selon nos plans, mais souhaitons surtout que se fasse en nous et à travers nous la sainte volonté de Dieu

Pendant ce temps de grâce qu’est le carême ; la prière ; le jeune, l’aumône ; visent ce même but : une transformation selon l’Esprit de Dieu, une renaissance.

Abbé Jean-Marie Parrat