Éditorial du mois de juillet 2020

25 juin 2020 Non Par Paroisse Saint-Paul

Courant d’air évangélique

Chères paroissiennes, chers paroissiens,

Nous sortons tous un peu sonnés de l’épreuve du covid-19. A vrai dire, bien malin qui peut dire quelle tournure vont prendre les événements à la suite de cette secousse. Entre économie ravagée, psychologies minées par la peur, manipulation médiatique, incertitude politique et autres maux, l’avenir ne semble pas sourire au quidam hébété, ne sachant plus à qui se vouer. Il nous faudra sûrement être attentifs à ceux de notre communauté et d’ailleurs qui vont pâtir le plus durement des conséquences de ce triste événement. Autrement dit, il est l’heure d’une charité renouvelée.

Il est l’heure également de la réflexion. La confrontation à l’épreuve collective, inédite en son ampleur depuis la guerre 39-45, invite à penser quelle société nous voulons pour demain. Voulons-nous continuer à bâtir une société entièrement fondée sur le bien-être matériel, l’argent et le plaisir ? Le risque zéro, stimulé par la pression des assurances, va-t-il encore renforcer la judiciarisation à outrance, l’individualisme et la défiance les uns des autres ? L’angoisse et l’infantilisation nous feront-ils renoncer à des libertés fondamentales, à commencer par celle du culte, socle de toutes les autres libertés, comme l’avait si bien mis en évidence saint Jean-Paul II ?

Nous, chrétiens, avons notre pierre à apporter pour redonner une âme à une société d’opulence et de misère. Nous ne sommes pas étrangers à ce monde, et pourtant notre patrie est ailleurs. Saint Paul exhortait déjà les Galates : « C’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés. Alors tenez bon, ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage » (Ga 5, 1). Il nous faut réfléchir aux esclavages imposés par notre société et dans lesquels nous nous complaisons. Dès lors, nous pourrons témoigner d’une vraie liberté, fondée sur ce qui donne véritablement du sens à notre vie. Quelques miettes de vie, misérablement conservées ici-bas, ne valent pas qu’on sacrifie Celui qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6).

J’ai admiré, pendant le confinement, votre soif du Seigneur, de la Sainte Eucharistie, votre prière fervente, votre désir profond, mais également vos gestes mutuels de charité, discrets et attentionnés. Paradoxalement, mais c’est profondément lié, la fraternité apparaît plus solide, ancrée dans Celui qui en est le ciment alors même que nous ne pouvions pas nous réunir pour la prière commune. Relevons le défi d’une communauté missionnaire, composée de disciples prêts à témoigner « à quiconque nous demande de rendre compte de l’espérance qui est en nous » (1P 3, 15).

En attendant, que l’été soit propice à déconfiner les corps et les esprits, en souhaitant pour tous des temps de grand air dans la belle nature et des temps de grand air en ouvrant largement les portes au souffle de l’Esprit-Saint ! Que la Vierge Marie soit votre phare qui conduit à bon port, au milieu des incertitudes de ce monde !

abbé Philippe-Marie Airaud