Edito été 2022

2 juillet 2022 Non Par Communication 1

Partir c’est mourir un peu

 

Ce vers d’un poème d’Edmond Haraucourt, le « Rondel de l’adieu », a suscité une commentaire juxtaposé d’inspiration chrétienne : « Partir c’est mourir un peu. Mais s’en aller pour chercher Dieu, c’est trouver la Vie. »

Ce temps particulier de notre vie sur terre, qui n’est pas le tout de notre vie, nous le passons justement en tant qu’il passe entre le souvenir de relations passées et l’attente de la venue glorieuse du Seigneur. Nous pourrions conclure que le temps ici-bas sur terre est un continuel changement où rien n’est stable, rien n’est définitif.

Mais ce serait oublier qu’à la fois le souvenir de relations passées, et l’attente de la venue définitive du Seigneur, trouvent tous les deux leur dynamisme profond dans la mémoire. Pour le souvenir, c’est évident, n’est-ce pas ? Mais pour l’attente aussi ! En effet, nous n’attendrions pas si cela ne nous avait pas été annoncé.

Saint Paul souligne cette vérité en l’appuyant sur la prééminence de la Parole de Dieu qu’est le Christ dans l’existence de tout ce qui existe, et en particulier de toute vie humaine : « Or la foi naît de ce que l’on entend ; et ce que l’on entend, c’est la parole du Christ. Alors, je pose la question : n’aurait-on pas entendu ? Mais si, bien sûr ! Un psaume le dit : Sur toute la terre se répand leur message, et leurs paroles, jusqu’aux limites du monde » (Rm 10,17-18).

Alors, d’une part nous avons la stabilité éternelle de la Parole de Dieu, par laquelle tous les éléments de l’Univers ont été fait. Et d’autre part, nous avons la faculté humaine de faire mémoire de cette Parole en nos cœurs à chaque instant. Ce qui nous permet, dans l’unique Amour divin communiqué par la Parole, à la fois d’éclairer le souvenir des relations passées, et de fortifier l’attente de la venue glorieuse du Seigneur. Ainsi, la  joie de ceux qui partent, comme la joie de ceux qui restent, est déjà parfaite.

 

Abbé Grégoire CIEUTAT.